
Qu’est-ce qui nous retient d’avancer sur le chemin spirituel ? Pourquoi errons-nous pendant des années, parfois, sans savoir où aller ?
Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure.
On y amenait alors un homme, infirme de naissance, que l’on installait chaque jour à la porte du Temple, appelée la « Belle-Porte », pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient.
Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple, il leur demanda l’aumône.
Ac 3.1-3
Symboliquement, cet homme nous représente. Ne nous reconnaissons-nous pas en lui ? Son infirmité physique représente son infirmité spirituelle, ce que comprenaient sans doute les lecteurs juifs. Les infirmes ne pouvaient en effet pas entrer dans le Temple de Jérusalem. Encore aujourd’hui, certaines traditions spirituelles lient la maladie, le handicap physique, à un dérèglement mental. D’après Guénon, certaines traditions initiatiques refusaient encore récemment l’accès aux personnes handicapées, en partie pour cette raison. Il y a peut-être une part de vrai dans cette vision des choses, qui fait correspondre trait pour trait le physique au mental : néanmoins, je m’en tiens juste à la lecture symbolique ici.
Nous sommes donc comme lui, incapables de nous tenir debout, pas alignés avec nos valeurs, avec la Vérité, ni avec Dieu. Nous sommes infirmes spirituellement, et nous nous condamnons par nos actions à errer sur le parvis en nous contentant de l’aumône, alors que les richesses spirituelles sont là, à portée de main, derrière la porte du Temple.
Voilà la condition humaine, en quelque sorte, entachée du péché originel (il est infirme de naissance), qui nous handicape et nous empêche d’accéder à la sagesse et à la connaissance de Dieu. Nous regardons de loin ceux qui progressent et nous pensons que nous ne sommes pas dignes d’être comme eux. Nous nous contentons de notre misérable existence, en quelque sorte : nous sommes coupés de nous-mêmes et de notre source de vie. L’espérance disparaît de notre vie, tout comme la foi.
Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui, et il dit : « Regarde-nous ! »
L’homme les observait, s’attendant à recevoir quelque chose de leur part.
Ac 3.4-5
Nous sommes parfois tellement désespérés que nous n’osons pas espérer, et nous nous contentons du peu que nous recevons. Et pourtant comme cet homme, il arrive que parfois, nous levions les yeux et nous ouvrions à une possibilité qui nous est encore floue et méconnue. Nous voyons un Autre et apercevons à travers lui quelque chose qui nous dépasse encore, mais nous appelle.
Pierre déclara : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. »
Alors, le prenant par la main droite, il le releva et, à l’instant même, ses pieds et ses chevilles s’affermirent.
D’un bond, il fut debout et il marchait. Entrant avec eux dans le Temple, il marchait, bondissait, et louait Dieu.
Ac 3.6-8
Lorsque nous posons cet acte de foi et d’espérance, l’Esprit Saint agit en ce monde. A travers cet Autre qui nous voit véritablement, qui ne nous donne pas l’aumône mais la vérité, nous nous reconnaissons. Dans cet échange mutuel, nous reconnaissons l’œuvre de Dieu et la beauté de sa création, de l’âme humaine faite à son image. Alors nous sommes guéris spirituellement, et nous nous relevons. Nous abandonnons notre ancienne vie.
Et ainsi, ayant accepté cette nouvelle vie, nous entrons dans le Temple : celui qui se trouve en nous, afin de découvrir qui nous sommes et découvrir Dieu.
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