
Pour le christianisme, chaque personne est unique. Nous ne sommes pas un simple fragment de conscience impersonnel, détaché ou non de la Divinité, une petite vague identique à des milliards d’autres petites vagues nées du grand océan. Chaque personne a un nom unique, son être le plus profond que seul Dieu connaît, qui la différencie et fait d’elle ce qu’elle est réellement.
Chaque personne a donc possibilité de voir Dieu sous une forme unique, qui lui est propre. Et par conséquent, chacun d’entre nous a son propre chemin particulier qui lui permet de retourner vers Dieu, et qui lui révèle à la fois la Source de son être et son identité profonde.
Ainsi « la porte est en dedans » : chacun possède une porte en soi, à la racine de son être. Une porte qu’on ne choisit pas.
Après mes études ésotériques, j’ai voulu refermer la porte de la connaissance et du savoir. C’est souvent ce qui arrive à des personnes comme moi, qui ensuite refusent malheureusement toute exploration en dehors des chemins bien définis de la théologie autorisée. Mais voilà : on critique les ésotéristes, les occultistes et les franc-maçons (moi la première), mais beaucoup d’entre eux ont tout de même une qualité indéniable, qui est de s’interroger, de se poser des questions, de rechercher Dieu, parfois d’une façon maladroite, mais souvent sincère.
Il se peut que la connaissance métaphysique, tout comme le chemin vers la gnose véritable, soit cette porte que Dieu a mise dans l’âme de certains. Si ce n’est pas le cas, les personnes à qui cette voie n’est pas destinée fermeront cette porte sans la comprendre. Elle pourront critiquer cette voie en considérant qu’il s’agit d’hérésie. Ainsi Maître Eckhart, de son temps, a été malheureusement mal compris ; encore aujourd’hui, certains métaphysiciens sont mis à l’index au prétexte qu’ils explorent des rivages inexplorés. On critique certains qui veulent introduire la pensée de René Guénon dans la théologie chrétienne : qu’aurait-on pensé du temps de Saint Thomas d’Aquin ? Quel besoin avait-il d’aller chercher chez le païen Aristote les fondements de sa philosophie ? Mais c’est oublier qu’il n’y aurait pas de christianisme tel qu’on le connaît sans la pensée grecque, sans Socrate, Platon ni Aristote, pas même les évangiles familiers. D’où vient cette idée du Logos ?
Si on veut tenter des rapprochements aujourd’hui avec d’autres courants de pensée bien éloignés du christianisme, ne serait-ce pas pour qu’en découle une plus grande compréhension ? Ne sommes nous pas en devoir d’explorer ?
Car on ne peut pas changer qui l’on est, ni quelle porte on a à l’intérieur de son âme. Pour une personne portée vers la connaissance métaphysique, Dieu se révèlera dans la beauté de la Trinité, dans son intelligence et son amour pour nous, dans la racine même qui joint spirituellement l’humain et le divin.
Les dogmes chrétiens enferment parfois les personnes dans des chemins qui ne leur correspondent pas. Il faut avoir le courage de suivre le chemin intime qui mène à Dieu, unique à chaque être humain. Sachant que la Vérité est au bout, et aussi en chemin. Nous avons le droit d’user de notre intelligence et de ne pas se limiter à ce que l’on nous autorise à penser.
En savoir plus sur Le chemin et la vérité
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
