
2025 aura été mouvementée en termes spirituels.
J’ai vécu pleinement mon premier Carême, ma première vigile pascale sans me sentir exclue de la communion, contrairement à 2024 où je découvrais à peine le christianisme après ma conversion. La symbolique du passage des ténèbres vers la lumière m’a beaucoup marquée et fait comprendre en quoi c’est une symbolique de notre renaissance intérieure grâce au Christ.
Je me suis rendue compte aussi de la confusion dans laquelle j’étais plongée à cause de l’ésotérisme, de cette vison du monde volontairement floue et embrouillée que perpétuent ceux qui sont attirés par cette forme de « connaissance ». J’ai pu comprendre en quoi le christianisme est la forme religieuse qui s’approche le plus de la vérité, car elle permet la rencontre personnelle avec le Christ ; les autres religions ne permettant qu’une approche incomplète.
Après quoi, j’ai vécu un éloignement du catholicisme après le Carême, sans doute pour me faire comprendre que je m’enfermais dans une vision des choses trop rigide ; néanmoins cela a été accompagné d’un retour d’inspiration spirituelle que je n’avais pas connue depuis quelques mois, avec la compréhension des notions de prêtre, prophète et roi pour chacun ; la compréhension aussi de la véritable signification du sacrement de confirmation qui est un doublon du baptême tel qu’il est pratiqué aujourd’hui. Cela m’a confirmée dans mon intuition qu’il ne manque rien aux sacrements de l’initiation chrétienne qui sont principalement le baptême et l’Eucharistie ; la confirmation étant utile bien entendu pour ceux qui le souhaitent. J’ai ainsi pu tourner la page et avancer.
J’ai également avancé sur ma compréhension du chapelet comme chemin intérieur : la naissance intérieure, la mort du vieil homme, la renaissance complète dans l’Esprit avec Dieu.
Beaucoup de lectures aussi, notamment sur les premiers siècles du christianisme : on y retrouve ce qui a été malheureusement occulté avec l’essor de la scolastique pour culminer dans la Contre-Réforme, à savoir la nécessité d’une union personnelle à Dieu à travers le Christ, afin de devenir soi-même aussi le Christ – un Fils Unique dans la multiplicité. Ce chemin mystique a été vu avec suspicion alors qu’il est ce vers quoi tout chrétien doit aller. La lecture d’ouvrages orthodoxes récents m’a permis de mieux comprendre ce que l’on entend par divinisation de l’homme : aller de l’image à la ressemblance, faire vivre l’Esprit Saint en soi.
Vers la fin de l’année, tout s’est embrouillé. La paroisse où j’avais décidé d’aller pour le Carême et Pâques a changé de visage avec la mise en avant d’un prêtre très peu porté sur le spirituel, contrairement aux autres prêtres de cette église. Ne voyant plus de chemin, j’ai tenté de renouer avec une pratique magico-spirituelle, avant d’arrêter bien vite devant l’inutilité du projet.
J’ai également entamé une démarche « initiatique », qui a abouti à mon entrée en franc-maçonnerie en novembre ; puis très vite il y eut la déception, notamment suite à des lectures et une visite dans une autre loge. Ce qui m’a menée à la réalisation, même si je le savais déjà plus ou moins, que ce n’est au mieux qu’une voie de garage jouant subtilement sur l’ego, au pire un ersatz de religion pour ceux qui n’en ont pas ou qui leur semble incomplète. C’est le règne de l’à-peu-près philosophique et spirituel… Je rejoins à peu près l’opinion de Joseph de Maistre sur le sujet. Cela n’est aucunement une critique des personnes (beaucoup de maçons sont des gens fort sympathiques, même si beaucoup ont un égo conséquent), mais plutôt du système. Il faudrait sans doute le rénover pour en faire quelque chose de viable et de réellement spirituel, mais dans l’état actuel des choses, cela paraît très compliqué.
Cela m’a néanmoins permis de fermer la porte de l’ésotérisme, ce que j’avais déjà entamé en m’éloignant des thèses guénoniennes et de tout ce qui tourne autour… Je me laisse encore néanmoins quelques mois afin d’être certaine de ne pas avoir de regrets (enfin, surtout, je me suis engagée sur quelque chose en particulier, et je n’aime pas revenir sur ma parole).
Où en suis-je donc en ce début 2026 ?
En ce qui concerne la pratique collective, j’ai découvert une nouvelle paroisse à Paris qui semble mieux me convenir, où l’on combine spiritualité et beauté liturgique. J’ai aussi prévu une retraite spirituelle près de Paris, déjà réservée pour février.
Ma pratique spirituelle personnelle ne variera sans doute pas beaucoup. En ce début d’année, j’ai cependant pris la décision d’écarter une forme de prière que je pratiquais depuis des mois, la prière de Jésus : je pense que quelqu’un qui n’appartient ni à la religion orthodoxe, ni au catholicisme oriental, ne peut pas vraiment en tirer parti. Je reste catholique, de rite romain, et cette prière ne fait pas vraiment partie de notre tradition spirituelle. Par contre, je continue bien sûr mes méditations sur le chapelet, et j’ai décidé de me remettre à l’oraison, peut-être une forme de prière qui est équivalente à la prière de Jésus pour les catholiques occidentaux.
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